EDITOS
Plaidoyer pour le financement du capital risque français
Une récente étude publiée (et malheureusement beaucoup trop résumée) par quelques journaux économiques français cherchait à démontrer que l’investissement dans les fonds de « capital risque » en France n’était pas rentable, mais en fait cette étude présentait une moyenne de résultats sans tenir compte des écarts très importants de rentabilité entre les fonds concernés.
Indiquer aux investisseurs potentiels, qu’ils soient Institutionnels ou particuliers, qu’il vaut mieux investir en assurance-vie ou tout simplement en dépôts à terme est une attitude grave de conséquences à moyen terme pour le dynamisme de notre économie.
Il est en effet urgent que cette classe d’actif ne soit plus systématiquement stigmatisée ou déconsidérée ou même, au mieux, considérée comme une classe très mineure dans notre pays. Il y va de notre compétitivité future ; mais je sais bien que les raisonnements à long terme n’intéressent plus personne.
Et pourtant, pourquoi ne pourrait-on pas prendre quelques mesures simples qui permettraient de réorienter l’épargne longue vers le financement des PME et surtout des toutes petites PME ? Il s’agit notamment de l’assurance-vie, des fonds d’épargne retraite ou tout simplement des Livrets d’épargne.
Il conviendrait aussi de vérifier systématiquement que les assureurs, qui s’étaient engagés formellement, respectent bien leurs engagements en investissant non pas uniquement dans les grands fonds français qui investissent dans de grandes entreprises, mais aussi dans les fonds , bien sûr beaucoup plus petits, qui s’intéressent aux petites PME.
Enfin il faudrait revenir aux dispositions antérieures en matière d’incitations fiscales en faveur de l’investissement dans les PME… ; il suffira d’ailleurs d’examiner les conséquences des modifications annoncées cette année sur la masse globale investie pour se rendre compte du chemin à refaire.
Parmi les raisons, très nombreuses, qui devraient nous pousser à envisager des mesures radicales en faveur du financement des petites PME et start-ups citons notamment le fait que dans le domaine de la santé par exemple, la grande majorité des inventions reconnues sont le fait, non pas des grands groupes pharmaceutiques, mais de petites PME et start-ups créées par des chercheurs reconnus ; ceci est également vrai dans beaucoup d’activité du secteur dit des NTIC (internet et communication).
Pour ce qui est de la méthode, il conviendrait à mon sens d’éviter de lancer telle ou telle mesure pour essayer ceci ou cela mais bien plutôt avec la ferme intention d’aboutir aux résultats recherchés sur la durée, sans tenir compte des commentaires toujours avisés notamment des « experts » ou des journalistes.
Combien m’ont reproché ou se sont montrés très étonnés que nous investissions dans Priceminister ou Empruntis en pleine éclatement de la bulle internet, combien nous annoncent régulièrement depuis à peu près 15 ans l’éclatement de la soit disant bulle immobilière…etc
Pour conclure, disons qu’il faudrait se ré-habituer à raisonner à long terme c'est-à-dire à oublier toutes les échéances économiques et politiques habituelles…ce qui est bien entendu impossible puisqu’à long terme nous serons tous morts !
Michel Demont
Président
AURINVEST
(fonds de capital-risque qui a versé en 8 ans 3,5 fois son capital en dividendes à ses actionnaires…et qui dispose encore d’actifs représentant environ deux fois son capital)